MARATHON DE NEW YORK 08

 

NEW YORK LE 2 NOVEMBRE 2008

Nous avons rendez vous à 6h00, mais personne ne traine au lit ce matin. Nous sommes vite en action: j’embarque le sac que je donnerai au départ pour le récupérer à l’arrivée avec moi. Fort de l’expérience de Christian et Franck, mes copains de chambrée, j’ai tout prévu et je suis serein. A dsc00845chaque course, je sens un petit trac à l’approche du départ: mais là non. Je suis prêt, je ne pense plus trop à mon genou ( qui m’oubliera aussi), et l’effervescence du voyage et mes potes me rende zen. Un rapide petit déjeuner à l’hôtel et c’est parti. J’ai pris avec moi mon petit déj. Overstim car le départ est dans quatre heures. Mauvaise nouvelle pour Yves, qui est forfait le matin même:dur! dur! Ce sera le seul abandon Xéroxien.Après une heure de car, j’arrive sur la zone de départ. 4 ou 5°, ça ne fait pas chaud! Je souhaite bonne chance à Alphonse ”le vert” et on se retrouve entre ”bleus”: Loïc (le photographe),Alain, Christian, Franck et moi. Notre petit groupe visite l’aire de départ, ou rien ne manque: café, thé, barres et boissons énergétiques, une pharmacie pour faire le plein d’epo et le plus important, des toilettes partout.Christian part devant à 9h40 avec les pros. Nous allons ensuite déposer notre sac au camion, il reste trente minutes avant le départ. Après mon quatrième ou cinquième pipi de la peur, Loïc et moi allons nous placer sur la ligne de départ. Loïc qui possède toujours aujourd’hui le record Xerox sur marathon, a décidé, pour son trentième marathon (oui oui) de profiter de l’ambiance de la course et de partir avec moi. Je ne peux pas être mieux épaulé pour mon premier. Avec nos maillots xerox et nos deux prénoms bretons, on nous prend pour deux frères. les haut-parleurs hurlent “New York New York” de Liza Minelli. Attention au départ à Staten Island …

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Le coup de feu nous libère! Mes pensées s’envolent vers ma famille que j’imagine en train de scruter l’écran à la recherche de l’aiguille que je suis dans cette meule de foin. Loic et moi partons doucemement ( 9′32 au premier mile), il papillonne autour de moi pour prendre des photos: un coup dix mètres devant, un coup sur le coté, un coup derrière… Je suis impressionné par autant de facilité et d’assurance de sa part.Il me sent perplexe sur sa tactique de course: ” t’inquiète! c’est pas du temps perdu, on le retrouvera à l’arrivée! inutile de p pour le départ en car de l’hôtelartir trop vite!” On gère tranquille, on se croirait aux  dix kilomètres de St Grégoire ;-) Forcément, sur le pont Verrazano, il n’y a pas grand monde sur les cotés pour nous encourager, mais tout Brooklyn nous attend au bout du pont.

C’est la première claque de la journée! ( c’est pour ça que j’ai l’air rouge sur les photos) Les gens sont là, au bout du pont et il donne de la voix pour se réchauffer! GO! GO! Allez la FRANCE! Allez HERVE! GOOD JOB! RUN! RUN! You can do it! Les encouragements fusent de tout coté! C’est le monde à l’envers: ce n’est pas eux qui regardent passer le marathon, mais moi qui les regarde nous encourager. Je suis parti avec une petite bouteille à la main pour éviter la cohue du premier ravito, et finalement je la garderais jusqu’au bout. En effet, j’ai mis l’eau glacée qui nous est proposée tous les miles, dans ma bouteille pour la réchauffer et ainsi éviter des problèmes gastriques qui ont concernés bon nombre de mes collègues. Les ravitos sont très bien organisés: gatorade au premier plan et eau ensuite, proposé par des centaines de bénévoles, tous les miles,tout au long du parcours. Les kilomètres et les miles s’enchainent facilement dans une ambiance de fête, les encouragements et les groupes de rock qui crachent leurs décibels. On rattrape Jacques, qui est à l’origine de cette aventure: l’occasion d’immortaliser l’instant et de le remercier. Nous doublons ensuite Amandine pour finir par former un petit peloton Xerox, peu avant le neuvième mile. Dominique, Olivier “superman”, Loïc et moi allons partager quelques kilomètres a travers le Queens. Dans le quartier juif, Rabbi jacob ne se trouve pas photogénique et refusera de se laisser prendre. Si l’ambiance ne faiblit pas, désormais la vedette est Superman. Je tape dans les mains que les enfants me tendent et je vois l’émerveillement dans leurs yeux: une motivation supplémentaire en pensant à Etienne et Victoria. Je veux qu’ils soient fiers de leur papa. On perd Dominique par l’arrière, et Loïc par l’avant qui a des fourmis dans les jambes. Je finirais devant lui, sans l’avoir doubler ( l’eau glacée sans doute!?!). Je me retrouve avec Superman qui me lache mètre par mètre quelques hectomètres plus loin. Ca y est, je suis seul face à moi-même, et pour presque vingt bornes encore. Je laisse filer Superman et pas mal de monde dans la montée interminable du Queensboro bridge qui nous ramène à Manhattan. Je suis bien, mais le poul monte: ne pas se laisser griser!

Je garde en mémoire, beaucoup d’images du marathon, mais si il ne me reste qu’un son de la course, ce sera la clameur qui nous attend au bout de ce pont métallique. Plus on approche, et plus la vague monte! On descend du pont couvert, façon tour eiffel, le rythme s’emballe et on arrive à la sortie du pont, en pleine lumière, et sous les vivas de la foule. Il n’y a pas de pouce baissé, je peux continuer, ce n’est pas une arène romaine. C’est digne d’une entrée dans un stade, et le contraste est saisissant entre l’ombre, le silence du pont et le soleil, le bruit de Manhattan. Un petit tour sous le pont, et j’attaque la première avenue. Les choses sérieuses commencent vraiment avec un faux plat interminable sur une avenue très large. Je me replace dans un sillon, car la course n’occupe que la moitié de la route. L’ambiance est extraordinaire et le restera jusqu’au bout. Je gère toujours mais je me fais moins doubler maintenant. J’arrive au trentième kilo et je profite toujours du spectacle. Désormais, il y a beaucoup de marcheurs, et je double beaucoup de coureurs également. Je salue de moins en moins la foule, et je concentre toute mon énergie à la course. J’arrive dans le Bronx: surtout ne pas abandonner! La foule est toujours là et nous encourage!

Staten Island, Brooklyn, Queens, Manhattan et le Bronx: J’ai parcouru les cinq ”boroughs”  (arrondissements) de New York: le marathon est à moi. Il reste à peine huit kilomètres, ça va être de la rigolade. Je me motive comme je peux, mais dans le même état à Berry bouy, je crois que j’abandonne. Un rapide (tout est relatif) passage dans Harlem et c’est la montée de la cinquième avenue vers Central park. Il y a de plus en plus de monde sur les cotés si bien que je me prend pour Poulidor (je sais que je ne vais pas gagner) dans la montée de l’alpe d’huez. Les gens nous hurlent dessus et je double beaucoup de “piétons”. Les dégats sont importants, sauf pour ce gros lézard qui s’arrête embrasser les enfants et qui me redouble en saluant la foule avec son costume de dix kilos sur lui. Et il se croit drôle peut-être! Comment il fait! moi, je rame et je ne sais plus trop ce qui me reste à faire. Heureusement, nous avons repéré l’arrivée la veille, et c’est sur, c’est pas là. Allez encore un effort, je rentre dans Central park, il doit rester deux ou trois kilos. Enfin, “one mile to go”, ce panneau fait plaisir à voir et en même temps, j’ai presque une petite nostagie:c’est déjà fini. J’ai choisi de remettre le cardio à zéro tous les miles pour contrôler mon allure, c’est le moment de faire le point sur le chrono:3H33′: quel pied, je tiens mon résultat. L’euphorie me fait oublier la réalité, et ce temps me donne des ailes,mais juste dans ma tête. Je suis cloué au sol par des crampes dans les deux cuisses. Dur dur! la tuile! je m’image en train d’abandonner à huit cent mètres de la ligne: je ne redescend pas de mon nuage, c’est un crash!! Je m’étire tant bien que mal, je parviens à faire un pas, puis deux. Un flot ininterrompu de coureur me double allègrement, je regrette d’avoir fait mal à tous les coureurs que j’ai doublé, impuissants, aujourd’hui. Et l’autre, sur le bord, qui me sourit bêtement en me criant “run!run!Allez la France!” Mamy, si je pouvais courir, c’est ce que je ferais! Les clameurs qui m’ont portés, quarante et un kilomètres, m’insupportent. Merci quand même, mamy, je sais que c’est pour aider. Je parviens enfin à retrottiner en pensant à tous ceux qui me soutienne. Etienne et Victoria me prennent par la main et m’aide à franchir la ligne: je respire fort, grosse émotion! c’est fini! 3H41′56″ congratulations!You dit it! la médaille autour du coup, un sourire,la photo, un sourire,la couverture de survie, un sourire,de l’eau, un sourire, une pomme, félicitation! Une organisation parfaite du début à la fin m’entraine vers mon camion et la sortie. Je suis crevé bien sur mais je me sens bien! Je récupère mon sac, je me change, je rend ma puce et je me dirige fièrement vers le parvis d’une église, lieu de rendez vous avec mon coach et sa famille. “Rendez vous vers telle heure si tout va bien, mais ne m’attendez pas.” Et bien, j’y serai! je suis fier de moi! merci coach pour toutes ces heures d’entrainement et d’effort! J’étais prêt! Je suis au rendez vous! merci coach!

Et surtout merci à mon amour, sans qui rien de tout ça n’existerait!

 

LES PHOTOS DE LA COURSE

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4 réponses vers “MARATHON DE NEW YORK 08”

  1. a suivre…………..heureusement que je connais le dénouement, tu fais languir tes supporters, Bravo pour ce premier marathon, ou tu as su te freiner pour atteindre ton objectif.

  2. avec beaucoup de retard je tiens à te féliciter BRAVO !!!!!!!! mais c’est vrai que tout tes amis croyaient en toi. On a beaucoup pensé à toi ce dimanche 2 novembre 2008. Bravo au photographe pour ses clichés …..

  3. Très beau récit pour cette superbe aventure, heureux d’avoir pu t’aider. Paris à coté te paraitra bien triste.

  4. Je viens seulement de lire ton billet.

    Félicitations RV pour ce marathon que j’ai pu voir en live et félicitations pour ton récit. Je ne savais pas que tu avais vécu ça si intensément. C’est très émouvant à la fin lorsque tu as tes crampes, on en pleurerait ! BRAVO !

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